Entrevue avec Cherifa Mansoura Liamani — IBM

Cherifa Mansoura Liamani a été l’une des initiatrices de la communauté d’analyse d’affaires chez IBM et a participé à la mise en place du chapitre montréalais de l’IIBA (International Institute of Business Analysts). Elle nous livre son parcours et nous éclaire sur la place de cette nouvelle fonction dans son groupe.

Entrevue

« IBM a eu un rôle avant-gardiste pour l’analyse d’affaires »,
Cherifa Mansoura Liamani, Analyste d’Affaires Senior

Analyste d’affaires chez IBM depuis 8 ans, Cherifa Mansoura Liamani cumule une expérience de 12 ans dans cette profession. Elle a été l’une des initiatrices de la communauté d’analyse d’affaires chez IBM et participe actuellement à la mise en place du chapitre montréalais de l’IIBA (International Institute of Business Analysts). Elle nous livre son parcours et nous éclaire sur la place de cette nouvelle fonction dans son groupe.

Quel a été votre parcours professionnel ? 

Diplômée en ingénierie informatique, j’ai été programmeur et analyste en programmation pendant 8 ans. J’ai ensuite décidé d’effectuer un doctorat en représentation de la connaissance (Intelligence Artificielle) en Angleterre en 1989. J’y ai appris ce qu’est l’analyse orientée objet, alors que cette discipline en était à ces débuts.

À la suite de ce doctorat, je me suis initiée aux techniques de modélisation en tant que consultante indépendante. J’ai immigré au Canada en 1997 où je suis devenue consultante en analyse d’affaires et modélisation. Un an après, j’ai été embauché par IBM en tant qu’analyste d’affaires, où je suis toujours aujourd’hui.

Quel est votre poste chez IBM ?

Je suis Analyste d’Affaires Senior Certifiée au sein de l’unité Software à Montréal. Je m’occupe de l’analyse d’affaires d’une manière générale mais aussi de modélisation, d’implémentation et d’adaptation à des méthodologies.

J’étais auparavant rattachée à l’unité Global Services où j’ai travaillé pendant 6 ans sur de très gros projets. C’est dans le but d’ajouter de nouveaux outils à mes compétences que j’ai ensuite souhaité être mutée dans l’unité Software.

Depuis quand IBM a-t-il intégré la discipline d’analyse d’affaires ?

IBM a été avant-gardiste en analyse d’affaires. C’est l’un des premiers groupes à avoir identifié les demandes des clients comme des besoins en analyse d’affaires.

Cette demande est directement liée à la montée en puissance de l’outsourcing dans le développement informatique à la fin des années 90. Le recours à l’impartition a incité les entreprises à renforcer leur analyse en amont : une entreprise qui externalise en Inde ou en Chine ne peut, en effet, échapper à une analyse poussée des exigences d’affaires sous peine de perdre énormément d’argent et de temps.

Dès 1998, IBM a utilisé le titre d’analyste d’affaires pour nommer cette fonction, tout en la laissant, dans un premier temps, sous le chapeau de spécialiste TI. En 2003, nous avons institué la première communauté d’analyse d’affaires au sein d’IBM et, en 2004, nous avons participé au premier BA World à Toronto. Aujourd’hui, IBM Canada compte plus de 300 analystes d’affaires.

Comment les analystes d’affaires sont-ils répartis chez IBM ?

Nous avons deux types d’organisation. D’une part, les analystes d’affaires sont rattachés à l’unité Global Services qui fournit les services à la clientèle. D’autre part, plusieurs analystes d’affaires sont peu à peu implantés dans les différentes unités pour répondre à leurs besoins spécifiques. Ainsi, je suis moi-même rattachée au Software Group. Les clients sollicitent, en effet, de plus en plus les différentes unités pour leurs services, dont l’analyse d’affaires, en complément de leurs produits.

Avez-vous les mêmes compétences qu’un analyste d’affaires en interne ?

Nous sommes complémentaires. Un analyste d’affaires au sein d’une entreprise connaît parfaitement son domaine et il a tendance à travailler plus du côté affaires que du côté technique. En tant que consultants, nous apportons une vraie expertise en analyse d’affaires. Nous avons une expérience multi industrie, des compétences et des outils très poussés en analyse technique et nous offrons, bien sûr, de la flexibilité.

Ainsi, la plupart du temps, les organisations font appel à nous en complément de leurs analystes d’affaires en interne. Ceux-ci apportent l’éclairage lié à l’industrie en question et nous apportons des techniques poussées d’analyse.

Qu’en est-il de la certification BA chez IBM ?

La certification d’analyste d’affaires existe depuis 2004 chez IBM. Je l’ai moi-même passée en 2005. J’ai dû pour cela monter un dossier justifiant de mon expérience (5 à 7 années sont requises), de ma formation en analyse d’affaires et en management de projets et d’autres compétences telles que l’analyse financière. Un entretien final valide cette certification.

Où en est le chapitre Montréalais de l’IIBA ?

Nous en sommes au tout début. Le chapitre de Montréal de l’International Institute of Business Analysts a été institué en novembre 2006 et nous comptons, pour l’instant, un peu plus de 70 membres. Je suis Vice Présidente et Clément Côté en est son Président. Notre site Internet est également consultable: http://montreal.theiiba.org.

Merci beaucoup !

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