#noprojects, ou pourquoi il faut arrêter de penser par projet

En technologies de l’information (TI), une communauté d’analystes d’affaires grandit peu à peu et veut promouvoir une nouvelle approche : se débarrasser de la notion de projet pour miser sur l’amélioration continue.

Selon l’Australien Evan Leybourn et le Néo-Zélandais Shane Hastie, issus du mouvement « agile » et auteurs du livre #noprojects, A Culture of Continuous Value (2018), le fonctionnement par projet doit mourir. Ils considèrent en effet qu’un projet répond à un besoin statique, déterminé et exceptionnel. Or, les entreprises sont en mouvement perpétuel. Pour survivre, elles doivent constamment embrasser le changement et innover. Le fonctionnement par projet freine leur élan.

Tout d’abord, les projets coûtent cher à monter et à démanteler : en argent, en temps et en énergie. Ensuite, il est souvent difficile d’estimer leur date de livraison en raison des changements constants qui surviennent pendant leur réalisation. Résultat : le taux d’échec est élevé et les équipes, souvent démotivées. Enfin, les connaissances liées au projet s’éparpillent lorsque les équipes sont démantelées, cette perte d’expertise étant aggravée par la sous-traitance. Les auteurs prônent donc une allocation continue de ressources humaines et matérielles et la mise du produit au centre de l’activité.

Du développement à l’exploitation, le DevOps

Cette vision est partagée par de plus en plus de professionnels des TI au Canada. Denis Lemarchand, responsable de la pratique agile au Centre de solutions numériques d’Alithya, considère que cette approche est similaire à la démarche DevOps, qui met en valeur le processus continu, du développement à l’exploitation (operations en anglais). « L’idée est d’avoir le même noyau d’équipe en continu et de lui apporter de nouveaux produits, de nouvelles fonctionnalités à développer en permanence, comme pour une chaîne de production », explique-t-il.

Ce système d’amélioration continue s’inscrit alors dans les coûts habituels de l’entreprise tout en bénéficiant de l’apport de nouvelles techniques, telle l’automatisation. Pour André-Claude Potvin, analyste d’affaires en marketing Web, cette nouvelle façon de faire est avantageuse pour les employés. « Les projets nécessitent de mobiliser une nouvelle équipe chaque fois, dit-il. Avec l’amélioration continue, on a des équipes entièrement consacrées au produit, qui capitalisent en temps, en savoir et en efficacité, et qui sont plus motivées. »

Tout compte fait, cette approche pourrait bien modifier le rôle des analystes d’affaires. C’est ce qu’on pense chez Alithya : les analystes d’affaires doivent se rapprocher de la production et se considérer davantage comme des responsables de produits.

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